Pourquoi la sécurisation est-elle indispensable ?
Il existe des réseaux de machines malveillantes (bots) dont la seule fonction est de scanner et attaquer les serveurs vulnérables. Les principales attaques sont :
- Scans de ports : recherche des services exposés (SSH, HTTP, FTP…).
- Tentatives de connexion root : ciblage prioritaire du port SSH (22 par défaut).
- Brute-force / dictionnaire : test automatique de milliards de combinaisons de mots de passe.
Sans sécurisation, votre VPS peut être compromis en quelques heures, voire quelques minutes après sa mise en ligne.
Niveau 1 – Mettre à jour le système
Un système non mis à jour est une cible facile, car les failles connues sont publiques.
Les éditeurs publient régulièrement des correctifs de sécurité : vous devez les appliquer rapidement.
Commandes essentielles :
apt update && apt upgrade -y
À répéter régulièrement. Pour automatiser, vous pouvez installer :
apt install unattended-upgrades
Cela permet l’installation automatique des mises à jour critiques de sécurité.
Niveau 2 – Utiliser un mot de passe fort (ou mieux : des clés SSH)
Un mot de passe faible ou prévisible sera découvert en quelques secondes par une attaque brute force.
Bonnes pratiques pour les mots de passe
- Longueur minimale : 12 à 16 caractères.
- Complexité : mélange de majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux.
- Éviter absolument : noms, dates de naissance, mots du dictionnaire.
- Ne jamais réutiliser le même mot de passe sur plusieurs services.
Exemple correct :
py$XoTTUdBYY@!9f
Pour changer le mot de passe root :
passwd root
Recommandation professionnelle
Évitez l’authentification par mot de passe quand c’est possible, et utilisez des clés SSH :
ssh-keygen -t ed25519
Puis ajoutez votre clé publique dans :~/.ssh/authorized_keys
Ensuite, désactivez l’accès par mot de passe dans /etc/ssh/sshd_config :
PasswordAuthentication no
Niveau 3 – Modifier le port SSH
Changer le port SSH par défaut (22) complique la tâche des robots de scan.
Éditer le fichier :
nano /etc/ssh/sshd_config
Remplacez :
#Port 22
par un port de votre choix (ex. 22022).
Puis redémarrez le service :
systemctl restart ssh
⚠️ Avant de fermer votre session, ouvrez une seconde connexion pour tester le nouveau port.
Niveau 4 – Installer Fail2Ban
Fail2Ban surveille vos logs et bloque automatiquement les adresses IP effectuant trop de tentatives infructueuses.
Installation :
apt install fail2ban -y
Création d’une configuration personnalisée :
cd /etc/fail2ban/jail.d/
nano custom.conf
Exemple de configuration :
[DEFAULT]
ignoreip = 127.0.0.1
findtime = 3600
bantime = 86400
maxretry = 3
[sshd]
enabled = true
port = 22022 # votre port SSH
logpath = /var/log/auth.log
Puis redémarrez :
systemctl restart fail2ban
Niveau 5 – Activer un pare-feu
Un VPS doit exposer uniquement les services nécessaires. Tout le reste doit être bloqué par défaut.
Avec UFW (simple)
apt install ufw -y
ufw default deny incoming
ufw default allow outgoing
ufw allow 22022/tcp # SSH
ufw allow 80,443/tcp # HTTP/HTTPS
ufw enable
Avec iptables/nftables (avancé)
Utile pour des règles plus complexes (DoS, filtrage par IP, etc.).
Niveau 6 – Créer un utilisateur non-root
L’utilisateur root ne devrait jamais être utilisé directement. Créez un utilisateur normal avec droits sudo :
adduser monuser
usermod -aG sudo monuser
Puis désactivez la connexion root SSH :
PermitRootLogin no
Niveau 7 – Sauvegardes et surveillance
Un serveur bien sécurisé ne doit pas seulement être protégé contre les intrusions, mais aussi être préparé à une récupération rapide.
- Sauvegardes régulières : bases de données, fichiers critiques, configurations.
- Monitoring : surveiller la charge CPU, RAM, espace disque et journaux (via Prometheus, Grafana, ou un service externe).
- Détection d’intrusion : outils comme
rkhunter,chkrootkit, ouLynis.
Conclusion
Sécuriser son VPS n’est pas une option mais une obligation.
Un VPS non protégé est tôt ou tard compromis.
Résumé des étapes minimales :
- Maintenir le système à jour.
- Utiliser des mots de passe forts (ou mieux, clés SSH).
- Changer le port SSH et désactiver root.
- Installer Fail2Ban.
- Mettre en place un pare-feu.
- Créer un utilisateur non-root.
- Planifier des sauvegardes et surveiller le système.
En appliquant ces bonnes pratiques, vous augmentez considérablement la résilience de votre VPS face aux attaques.


















